Il a fallu près d'un demi-siècle avant qu'un membre de la famille Burrus ne revienne en
forêt de Saoû. C'est en 1923, que Maurice Burrus a acheté ce domaine dont il prévoyait
de faire une grande chasse privée. Mais une fois sur place, il changea d'avis et décida
d'investir pour en faire un lieu touristique et de loisirs. Et de reboiser la forêt qui avait été
surexploitée, compte-tenu des besoins de la grande guerre.
Cet homme a non seulement décidé de reboiser le domaine, mais aussi de construire
restaurant de « l'Auberge des Dauphins », de mettre à disposition du public
des tables et des bancs, de construire une piste carrossable de 27 km autour du
domaine pour les calèches et les rares automobiles d'alors.
Dimanche 20 septembre, à l'invitation du Conseil
général, dans le cadre des
journées du
Patrimoine, Paul, neveu de Maurice et doyen (92 ans) de la famille Burrus, enfants et
petits -enfants étaient les invités très attendus pour l'exposition «Maurice Burrus, un rêve pour la forêt.»
Dans le public, on ressentait une forte émotion. Arrivé au Pied de l'Auberge
des Dauphins, Nicolas Gogué-Meunier, responsable desespaces naturels sensibles, a présenté le cadre de cette journée et de l'exposition.Les services de la conservation et du patrimoine et des espaces naturels sensibles
avaient conçu 11 panneaux retraçant l'épopée Burrus dans la forêt de Saoû. Ces panneaux étaient installés sur les ailes de l'auberge des Dauphins. Des aménagements avaient été réalisés pour
permettre aux personnes à mobilité réduite de pouvoir profi-
ter de l'exposition.
Daniel Gilles, le maire de Saoû, a pris la parole pour exprimer la satisfaction du travail
réalisé pour les habitants de Saoû et pour souhaiter la bienvenue à la famille
Burrus.
Il a excusé Mme la Sous préfète ainsi que le député de la circonscription.
Christine Priotto, conseillère générale de Dieulefit,déléguée à la Culture,
prési-
dente des Châteaux de la Drôme, entourée de Anne-Marie Rème-Pic, Jacques La-
degaillerie et de Michel Tron,ont enchaîné sur le travail accompli par les services du
Département et remercié toutes les associations présentes, dont Frédéric
Betton
pour l'association «Forêt deSaoû, forêt pour tous» initiateur de ces événements
depuis plusieurs années. Elle a excusé Didier Guillaume et Jean-Pierre Tabardel.
Puis, Paul Burrus a expliqué que depuis 1961, il n'était pas revenu dans la forêt de
Saoû.
A la mort de son oncle, il en a hérité, mais, vu ses autres activités, il ne pouvait pas faire
face à ses obligations En effet,on a appris que les Burrus s'étaient lancé dans le choco-
lat près de Strasbourg. Ils ont racheté la marque «Marquise de Sévigné Paris» qui est une
des 4 dernières grosses chocolateries européenne _ (dont Valrhona de Tain l'Hermitage).
La famille Burrus a offert 8 kg de chocolat, dont les visiteurs ont apprécié la saveur.
On pouvait aussi noter la participation de M. Fleury, fils de l'ancien
propriétaire du
domaine de Saoû après les Burrus.
L'inauguration s'est terminée par un buffet offert par le département et
préparé par le
chef Thierry Chalencon de Saoû. La Famille Burrus a rencontré toutes les personnes
qui désiraient échanger avec eux. Les organisateurs estiment la participation entre
800 et 1.000 personnes pour la journée.
Un Jeu de piste réussi !
Malgré le temps menaçant, 93 chercheurs de trésors âgés de 3 à 82 ans ont
participé au
grand jeu de piste organisé par l'association forêt de Saoû-forêt pour tous avec le sou-
tien des 2 membres de Vistamine.17 bénévoles s'étaient ainsi transformés en gentilles créa-
tures de la forêt appelés les «Totoros» pour accompagnerces chercheurs de trésors.
A 14 h 30, le top départ est donné par le chef des Totoros, Frédéric Betton. Les 24
équipes se sont lancées dans la course et ont cherché les réponses aux
questions posées par les fameux totoros. Ces questions étaient bien sûr axées sur la forêt du
temps de Burrus.
Les 3 premières équipes gagnantes sont les « Sauges » ;les «Cissac» ; les
«Pulvérisators».
Elles ont été récompensées par Jean-Paul Burrus.
Les premiers, Les Sauges, ont gagné une demi journée de randonnée offerte
par
Vistamine avec 750 g de chocolats Burrus ; les Cissac ont gagné 750 g de chocolats
Burrus et un poster Forêt de Saoû édité et offert par Le Crestois ; les Pulvérisators rem-
portent 400 g de chocolats Burrus et un poster Forêt de Saou édité par Le Crestois.
A noter la participation des petits enfants de Paul Burrus et aussi du fils de M. Fleury.
Toutes les autres équipes ont été récompensées par Jean Serret, conseiller
général
de Crest Nord pour avoir trouvé la devise des Burrus :
« Mille ans avant Milan, Burrus avait déjà mille ans»,.
Ce jeu a été financé par l’Association «Forêt de Saou forêt pour Tous», avec le
par-
tenariat d'Intermarché, Le Crestois et Jean Serret pour les lots offerts par le Conseil
Général.
Une randonnée a aussi été proposée le matin par l'association «Vistamine» sur
le
thème des ouvrages de Burrus qui a séduit une vingtaine de personnes.
Article Publié le 25 septembre 2009 Le CRESTOIS.


C’est en 1924 que Maurice Burrus, homme d’affaires très fortuné et magnat du tabac, décide d’acheter la forêt de Saoû à Charles émorine. Issu d’une famille de riches industriels, Maurice Burrus est originaire de Sainte-Croix-aux-Mines en Alsace (1882-1959). Il entreprend des études à Dole dans le Jura puis au collège Stanislas à Paris avant de partir pour Hanovre s’initier à la pratique bancaire. Dès 1902, Maurice Burrus devient investisseur dans le monde du négoce (tabac, coton, café…) et prend la direction des manufactures familiales de tabac.
Amoureux des grands domaines forestiers, Maurice Burrus a pour ambition d’ouvrir sa forêt à tous. Il plante de nouvelles essences (pins noirs d’Autriche, cèdres de l’Atlas, etc..) et réalise un circuit touristique en aménageant un chemin de 28 km partiellement goudronné, jalonné d’aires de pique-nique et d’équipements pour les promeneurs. Il confie à Paul Boyer la construction d’une auberge, s’inspirant du petit Trianon et de l’Orangerie à Versailles.
Paul Boyer, architecte à Romans-sur-Isère, travaille dès 1928 à la construction de
l’auberge des Dauphins. Réalisé en béton armé, le bâtiment mesure 38 m de long sur 9 m de large. A l’intérieur, seul le grand salon a conservé ses décors d’origine avec six petits salons encadrés
de balustrades. Les murs, plafonds et poteaux sont habillés de stucs blancs et dorés. Dans les salles situées à l’étage ainsi que dans le hall, de fausses boiseries ont été réalisées avec des
motifs de corbeilles de fruits et de fleurs. Les tapisseries, dont il ne reste que quelques échantillons, sont très colorées et représentent des feuillages ou des fruits. L’auberge obtient dès
1934 deux macarons et trois fourchettes au guide Michelin. Pendant la Seconde Guerre mondiale, cette demeure est malmenée et est peu à peu laissée à l’abandon.
Aujourd’hui, l’auberge des Dauphins apparaît comme une construction insolite, une « folie » qui fait partie du patrimoine des Saoûniens et des Drômois. Propriétaire depuis 2003, le Département de la Drôme a déjà conduit des travaux de conservation et de mise en valeur.
Aujourd’hui, le service des Espaces naturels sensibles et la conservation du Patrimoine mènent ensemble des études architecturales et historiques afin d’acquérir une meilleure connaissance du site.
Une exposition temporaire est organisée par le Département de la Drôme pour célébrer le 50ème anniversaire de la mort de Maurice Burrus à l’occasion des Journées européennes du patrimoine les 19 et 20 septembre 2009 et sera présentée aux abords de l’édifice le temps de réfléchir à son devenir.
Daphné Michelas / Anne-Marie Clappier
Espaces naturels sensibles et Conservation du patrimoine,
services du Département de la Drôme