DOUZE QUESTIONS CLEFS POUR L'AVENIR DE L'AUBERGE DES DAUPHINS
QUESTIONNAIRE DU CABINET GEOSYSTEME & ALTERID MISSIONNE PAR LE CONSEIL GENERAL DE LA
DROME.
REPONSES DE L’ASSOCIATION FORET DE SAOU DE FORET- FORET POUR TOUS
1. ICONE
Si le public devait rapporter une carte postale de l’auberge des Dauphins et de la forêt de
Saoû, quelle serait-elle ?
Celle de l’allée des cèdres avec en fond l’auberge dauphins.
2. PUBLICS
A quel(s) public(s) le projet de valorisation de l’auberge des Dauphins doit-il s’adresser en
priorité ?
Le projet de valorisation doit s’adresser au grand public, des touristes, des enfants, de la
population locale.
3. DIVERSITE
Comment concevez vous la mixité des cultures et des générations dans le cadre du projet de
l’auberge?
L’Auberge des Dauphins doit abriter un travail de recensement & de valorisation des cultures
locales, des témoignages récoltés au sein de la population, du patrimoine bâti & bien sur de
l’Environnement. Ce travail servira à informer et à initier les publics ciblés.
4. VOCATION
Quelle doit être la vocation privilégiée de l’auberge des Dauphins ?
Sa vocation doit s’inscrire dans la continuité de la
politique des Espaces Naturels Sensibles
du Département car elle est située au milieu d’un site ENS. La Maison du Patrimoine et de
l’Environnement du Synclinal devra être un outil au service du développement du territoire
en matière de sensibilisation et d’éducation à l’environnement, de valorisation et de
promotion du patrimoine naturel, culturel et bâti
5. APPROPRIATION
A quoi pensez-vous que le public local sera le plus sensible ?
Le public local sera sensible par la possibilité de connaître
l’histoire de cette forêt via les
hommes qui l’ont fait. Le fait de retrouver aussi des témoignages des familles qui ont habités
la forêt. Et bien sur la possibilité de profiter d’une salle multifonctions qui pourrait abriter des
conférences et des manifestations locales.
6. INTERET
Que souhaite-t-on que le public retienne de son passage à l’auberge des Dauphins ?
Nous souhaitons que le public retienne que l’Auberge des Dauphins ne soit pas le château
de la forêt de Saoû, mais un lieu de découverte, d‘initiation et d’échange sur le patrimoine et
l’environnement du synclinal et des villages.
7. THÉMATIQUE
La valorisation de l’auberge des Dauphins doit-elle avoir un contenu thématique ? Si oui,
quel(s) thème(s) doivent être abordés ?
OUI, L’idée du développement durable avec des thémes :
· La Nature : la Forêt, la Faune, la Flore & les Hommes.
· Le Patrimoine : Les activités humaines dans la forêt de Saoû,
l’imaginaire de la forêt, les traditions rurales.
8. TOURISME
Le projet de valorisation de l’auberge des Dauphins doit-il participer de l’attractivité
touristique de la foret de Saoû et des communes avoisinantes ? Et plus généralement du
département de la Drôme ? Comment ?
Comme nous sommes dans un espace naturel sensible, nous ne pouvons concevoir un
tourisme de masse qui serait néfaste pour le site. Le site connaît une bonne fréquentation
compte tenu qu’il soit très accessible. La Drôme doit communiquer via des magazines
spécialisés (sportifs, loisirs, patrimoine & régionaux). De plus, la CCVD, la Région Rhône
Alpes et bien sur le Département se sont lancés à créer une vallée Bio. Ce projet doit
s’inscrire dans cette démarche.
Il faut favoriser la commune de Saoû pour les activités concernant la restauration &
l’hébergement. La possibilité de créer une structure de classes vertes seraient intéressant
pour le village de Saoû.
9. RENOUVELLEMENT
Le projet de valorisation de l’auberge des Dauphins doit-il permettre de renouveler l’intérêt
du public pour l’auberge, pour la forêt de Saoû et son attractivité ?
Oui Bien sur, mais en gardant l’idée que nous sommes
dans un ENS.
10. VISION GLOBALE
En quoi le projet de valorisation de l’auberge des Dauphins est-il associé à la mise en valeur
de la forêt de Saoû et peut-il y participer, ?
Le projet de valorisation de l’auberge des Dauphins doit promouvoir un
environnement
naturel intimement lié à l’implantation et aux activités de ses habitants au cours des siècles.
Une forêt façonnée par l’Homme, constitué d’une diversité de milieux particulièrement riche.
11. AVENIR
Comment voyez-vous le développement du projet à dix ans ?
La forêt de Saoû sera un lieu de rencontres, d’échanges et de
mémoire qui sera un exemple
de réussite de développement durable. La forêt sera toujours « La Forêt pour tous ».
12. REUSSITE
Quels sont, selon vous, les critères de réussite du projet ?
Ce projet doit se réaliser:
· Avec l’aide de la population locale, en tenant de l’avis des associations et des
fédérations partenaires de la Forêt.
· En respectant la charte de la forêt de saoû.
· Eviter les projets de restauration et d’hébergement sur le site de l’auberge des
Dauphins.
· Etre un lieu vivant où les cultures, les traditions rurales et l’initiation à la nature
doivent être présentes.
· En liaison avec la Maison des Ramières.
13. AUTRES REMARQUES, COMMENTAIRES, SUGGESTIONS…
Dans l’aménagement de L’auberge des Dauphins, elle doit être doté d’un Point
Informations
Touristiques, de salles d'expositions permanentes, d’une salle multifonctions et d’une salle
pédagogique et de documentation.
Du Moyen Âge à aujourd'hui, la Forêt a presque toujours été un terrain de contestation entre ses propriétaires et la communauté locale qui la considérait comme un bien commun. On retrouve des traces de son occupation dès la préhistoire.
Le plus ancien écrit mentionnant la Forêt de Saoû est la transaction passée le 5 mai 1329 par Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, avec les syndics des habitants de Saoû. Ce document permet de comprendre que le comte n'a que des droits féodaux sur la Forêt et que celle-ci appartient à la communauté.
Durant toute la période qui va du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle, les différents propriétaires légitimes ou non, tentent de réduire les quelques droits que possédaient les habitants : bûcherage, paquerage, défrichement... Ce ne sont que procès, révoltes, répressions dont les habitants de Saoû font les frais à chaque fois.
Vient alors l'époque des mécènes, Crémieux, Burrus, qui vont aménager, créer, mettre en valeur ce patrimoine, ce dont les habitants vont enfin profiter.
Sur le plan social, l'étude de cette période permet de constater l'importance de la Forêt pour les Saoûniens : elle leur
procure toutes sortes de ressources indispensables, le bois bien sûr qui sert à tout, mais la terre à cultiver, les pâturages, la cueillette, la chasse, l'argile, le
charbon.
La Forêt sert aussi de refuge aux villageois fuyant les
épidémies, aux protestants pourchassés, aux contre-révolutionnaires, aux réfractaires de tout poil, et aux maquisards durant la dernière guerre. De 1959 (mort de M.BURRUS) jusqu’en 1982,
diverses sociétés acquièrent la forêt, dont la Société des Pins (Suisse) dont le président du conseil d’administration était le Prince Napoléon. En 1981, Un nouveau président de la République
Française est élu, François MITTERAND. La fameuse société des Pins est encore à vendre, ce sont la Société Générale et les AGF nationalisées depuis quelques mois qui rachètent le domaine et
l’entreprise. Puis 1986, Jacques Chirac, Premier Ministre privatise ses mêmes sociétés. La société
Générale décide de vendre ses parts aux AGF. Dans les années 90, une concentration de banques et d’assurances se réalise. Les AGF se font absorbés par le géant allemand financier ALLIANZ. En
1999, ALLIANZ fait savoir qu’il souhaite vendre la forêt de Saoû au plus offrant. Panique à bord ! Jean MOUTON, Président du département de la
Drôme, décide de racheter ce joyau naturel avec l’accord de l’assemblée du CG. L’association Forêt de Saoû-Forêt pour Tous se crée et apporte son soutient à l’action entreprise. Lors des
négociations, le 25 Septembre 2000, le Conseil général est obligé d’user de la lourde procédure : la déclaration d’intérêt publique. Le
commissaire enquêteur a reçu une grande partie de la population qui a fait le vœu que la forêt de Saoû devient départementale.
Le 13 novembre 2003, la Forêt de Saoû est achetée par le Conseil Général de la Drôme et entre dans notre patrimoine départemental.
Résumé Etudes drômoises Robert Serre complété par F. BETTON
L’école du Château
Chacun de nous connaît de belles histoires "d'instituteurs écrivais-je, l'autre jour, à propos de la "lettre aux instituteurs" d'Alain Borne. Et voilà que je trouve dans mon courrier une lettre d'un de ces hussards noirs qui ont magistralement illustré l'école de la 3e République. A 83 ans, M. Edmond Liautard, qui est originaire de Crupies, est retiré à Romans. Il m'a raconté on plus beau souvenir. Instituteur dans la vieille école branlante de Rochefourchat, il fut nommé en 1930 à l'école de la forêt de Saoû qui était logée dans le château, ni plus ni moins. Le propriétaire de la forêt était à l'époque M. Maurice Burrus, qui possédait les manufactures de tabac suisses, et qui aimait ce petit coin de la Drôme au point d'en devenir le fastueux mécène. Lorsque M. Liautard arriva avec son humble bagage, il fut accueilli par le célèbre industriel qui le conduisit aussitôt dans la classe qu'il avait fait aménager dans la salle de billard du château. Il y avait tout le confort et les pupitres étaient réglables. M. Burrus lui dit : "Vous avez carte blanche, je vous fais confiance. Achetez tout ce qui est nécessaire. Vous serez logé dans une chambre du château et la gouvernante s'occupera de votre ménage". Monsieur l'instituteur n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. C'était pourtant bien 'Vrai. Pendant quatre ans, M. Liautard mena ainsi la vie de château avec ses dix-huit élèves, tous enfants d'agriculteurs, d'employés, de bûcherons et de gardes forestiers. Il prenait ses repas dans la magnifique auberge des Dauphins qu'on appelle aujourd'hui le petit Trianon, tristement délabré, et que beaucoup de promeneurs confondent avec le château qui n'existe plus. Maurice Burrus aimait arpenter la forêt en bottes et chapeau avec un manteau anglais et une canne à pommeau. Lorsqu'il arrivait en gare de Valence, les chauffeurs de maître se disputaient sa clientèle car sa générosité était proverbiale. Il était généralement seul, si bien qu'un jour où il avait invité à déjeuner l'instituteur et l'inspecteur primaire, ce dernier osa l'indiscrète question : "Monsieur, il est dommage de vous voir toujours seul, vous pourriez tellement rendre une femme heureuse". Le magnat suisse répondit avec esprit: "mais, monsieur l'inspecteur, c'est simplement parce que je désire rendre plusieurs femmes heureuses" ...