L'étude de la commission de l'aménagement de l'auberge des Dauphins

En septembre 2000, l’avenir de l’Auberge des Dauphins était en sursis, car dans la DUP, certaines personnes avaient pensé de la raser et d’y construire un théâtre de verdure…
Il a fallut attendre 2004, pour que Didier GUILLAUME,
nouveau Président du Conseil Général, tombe amoureux de cette bâtisse et décide de la sauver. En 2006 Jean Pierre TABARDEL, alors Vice-président chargé de L’Environnement lance les travaux pour protéger l’auberge des intempéries.
Ce programme coûtera près de 300 000 €.
Le 4 mars 09, s’est déroulé la première réunion de travail
sur la valorisation de l’auberge des Dauphins. Cette séance a été coprésidé par Mme Rivasi & Mme Priotto et animé par le cabinet INCA. Ce dernier a consulté 38 personnes (Elus,Agents & Directeurs territoriaux, Présidents d’association du Comité de gestion, l’ONF et des acteurs du Tourisme). Ce travail a permis de mieux comprendre l’identité, l’originalité
du site et de mettre en évidence quatre orientations pour le projet :
*Une vision globale du site, avec un lien obligatoire avec la
forêt.
* Un Espace de convergence et de rencontres, d’où le besoin une polyvalence du lieu.
* Une Originalité et une vision prospective du projet, ce qui implique de développer durablement l’intérêt, l’attractivité et le rayonnement du projet.
* Des ambitions partagées par les différents échelons
territoriaux ( communes, Communauté de communes, Département, Région, Etat, Europe).
Ce qui exclut les projets suivants : La création d’un
restaurant, d’un hôtel, d’une salle de spectacle, d’une
résidence pour artistes et d’un musée de la forêt.
La commission pour la valorisation de l’auberge des
Dauphins doit se réunir courant mai.
Elle est chargée avec le cabinet INCA de proposer plusieurs
projets à l’assemblée départementale. Les Conseillers du
Département de la Drôme devront se prononcer sur le choix
du projet. A suivre…

Une Histoire de la Forêt

Du Moyen Âge à aujourd'hui, la Forêt a presque toujours été un terrain de contestation entre ses propriétaires et la communauté locale qui la considérait comme un bien commun. On retrouve des traces de son occupation dès la préhistoire.

Le plus ancien écrit mentionnant la Forêt de Saoû est la transaction passée le 5 mai 1329 par Aymar de Poitiers, comte de Valentinois, avec les syndics des habitants de Saoû. Ce document permet de comprendre que le comte n'a que des droits féodaux sur la Forêt et que celle-ci appartient à la communauté.

Durant toute la période qui va du Moyen Âge au milieu du XIXe siècle, les différents propriétaires légitimes ou non, tentent de réduire les quelques droits que possédaient les habitants : bûcherage, paquerage, défrichement... Ce ne sont que procès, révoltes, répressions dont les habitants de Saoû font les frais à chaque fois.

Vient alors l'époque des mécènes, Crémieux, Burrus, qui vont aménager, créer, mettre en valeur ce patrimoine, ce dont les habitants vont enfin profiter.

Sur le plan social, l'étude de cette période permet de constater l'importance de la Forêt pour les Saoûniens : elle leur procure toutes sortes de ressources indispensables, le bois bien sûr qui sert à tout, mais la terre à cultiver, les pâturages, la cueillette, la chasse, l'argile, le charbon.

La Forêt sert aussi de refuge aux villageois fuyant les épidémies, aux protestants pourchassés, aux contre-révolutionnaires, aux réfractaires de tout poil, et aux maquisards durant la dernière guerre. De 1959 (mort de M.BURRUS) jusqu’en 1982, diverses sociétés acquièrent la forêt, dont la Société des Pins (Suisse) dont le président du conseil d’administration était le Prince Napoléon. En 1981, Un nouveau président de la République Française est élu, François MITTERAND. La fameuse société des Pins est encore à vendre, ce sont la Société Générale et les AGF nationalisées depuis quelques mois qui rachètent le domaine et l’entreprise.  Puis 1986, Jacques Chirac, Premier Ministre  privatise ses mêmes sociétés. La société Générale décide de vendre ses parts aux AGF. Dans les années 90, une concentration de banques et d’assurances se réalise. Les AGF se font absorbés par le géant allemand financier ALLIANZ. En 1999, ALLIANZ fait savoir qu’il souhaite vendre la forêt de Saoû au plus offrant.  Panique à bord ! Jean MOUTON, Président du département de la Drôme, décide de racheter ce joyau naturel avec l’accord de l’assemblée du CG. L’association Forêt de Saoû-Forêt pour Tous se crée et apporte son soutient à l’action entreprise. Lors des négociations, le 25 Septembre 2000, le Conseil général est obligé d’user de la lourde procédure : la déclaration d’intérêt  publique. Le commissaire enquêteur a reçu une grande partie de la population qui a fait le vœu que la forêt de Saoû devient départementale.
Le 13 novembre 2003, la Forêt de Saoû est achetée par le Conseil Général de la Drôme et entre dans notre patrimoine départemental.

 

Résumé Etudes drômoises Robert Serre complété par F. BETTON

Un Instit à la villa Tibur

L’école du Château

Chacun de nous connaît de belles histoires "d'instituteurs écrivais-­je, l'autre jour, à propos de la "lettre aux instituteurs" d'Alain Borne. Et voilà que je trouve dans mon courrier une lettre d'un de ces hussards noirs qui ont magistralement illustré l'école de la 3e République. A 83 ans, M. Edmond Liautard, qui est originaire de Crupies, est retiré à Romans. Il m'a raconté on plus beau souvenir. Instituteur dans la vieille école branlante de Rochefourchat, il fut nommé en 1930 à l'école de la forêt de Saoû qui était logée dans le château, ni plus ni moins. Le propriétaire de la forêt était à l'époque M. Maurice Burrus, qui possédait les manufactures de tabac suisses, et qui aimait ce petit coin de la Drôme au point d'en devenir le fastueux mécène. Lorsque M. Liau­tard arriva avec son humble bagage, il fut accueilli par le célèbre industriel qui le conduisit aussitôt dans la classe qu'il avait fait aménager dans la salle de billard du château. Il y avait tout le confort et les pupitres étaient réglables. M. Burrus lui dit : "Vous avez carte blanche, je vous fais confiance. Achetez tout ce qui est nécessaire. Vous serez logé dans une chambre du château et la gouvernante s'occupera de votre ménage". Monsieur l'instituteur n'en croyait ni ses yeux ni ses oreilles. C'était pourtant bien 'Vrai. Pendant quatre ans, M. Liautard mena ainsi la vie de château avec ses dix-huit élèves, tous enfants d'agriculteurs, d'employés, de cherons et de gardes forestiers. Il prenait ses repas dans la magnifique auberge des Dauphins qu'on appelle aujourd'hui le petit Trianon, tristement délabré, et que beaucoup de promeneurs confondent avec le château qui n'existe plus. Maurice Burrus aimait arpenter la forêt en bottes et chapeau avec un manteau anglais et une canne à pommeau. Lorsqu'il arrivait en gare de Valence, les chauffeurs de maître se disputaient sa clienle car sa générosité était proverbiale. Il était généralement seul, si bien qu'un jour où il avait invité à déjeuner l'instituteur et l'inspecteur primaire, ce dernier osa l'indiscrète question :  "Monsieur, il est dommage de vous voir toujours seul, vous pourriez tellement rendre une femme heureuse". Le magnat suisse répondit avec esprit: "mais, monsieur l'inspecteur, c'est simplement parce que je désire rendre plusieurs femmes heureuses" ...

Pierre VALLIER DL 14/02/93
 

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